Convention Européenne article 2
Que Dieu nous pardonne !
Et nous ne prejugeons pas de la Nature ou de l'existence de ce Mythe personnel fort respectable mais que nous laissons à l'appréciation , à la foi, de chacun ...
Par cette interjection se termine un article du journal " Liberation " ( jean Quatremer 28/02/03) consacré à un sujet peu traité , manifestement ignoré de la plupart des " Européeens "
L'élaboration de la Constitution de le Loi Fondamentale de l'Union Européenne ,
entité économique certaine dont on commence à percevoir le poids et les atouts , sans doute supèrieure à la puissanse économiques de USA , entité politique toujours en gestion et incertaine dont on perçoit surtout les diificultés ( eurpe à 25 ) les remous voire les afrontements ideologiques au delà de la diversité des adherents et des impetrants., au delà de la capacité militaire commune et coordonnée pour la rendre autonome , crédible et active
le problème Turc - qui pose ou va poser problème - marque bien l'équivoque de determiner une Entité Commune - si on prends au seul mot la Geographie sans parler de l' Histoire :
en effet au delà du passé religieux et culturel , il reste que geogreaphiquement , culturellement la Turquie est plus un pays d'Asie que d'Europe et à moins de vouloir faire une vaste Eurasie
ce rattachement - au delà du problème religieux qui ne devrait pas entrer en ligne de compte dans une entité démocratique telle que comprise en Europe- - pose cependant problème:
- la non reconnaissance du genocide Armenien des années 1912 et suivantes
- la difficulté de pratiques de libertés civiques et démocratiques non seulement au niveau de la population générale mais aussi au niveau Parlementaire
- la question Chypriote qui montre bien aussi la complexité du processus normal de cette integration, complexité heritéee de conflits qui n'ont pas encore trouvé de solutions .....
- la réticence d'une partie de la population européenne actuelle
- le problème surtout d'une " democratie universelle "où se fondent harmonieuseusement sur des principes communs des culturees differentes dont il faut respecter- dans ce cadre - leur singularité et l'heritage du passé sans occulter la vision du futur
l'Histoire doit-elle rester figée ?
question passionnante sur les aspirations et le futur des populations .....
A chacun de bouger ....
mais si on prends au piède de la lettre la Geographie , l' Histoire , la Culture et la Civilisation
malgré l' ardent désir de ses élites - qui savent cependant que le chemin à parcourir se chiffrera plutôt en dizaine d'années plutôt qu'en mois
malgré le plaisir toujours renouvellé de la traversée du Bosphore ...
malgré le desir " mediterannéen " et la culture de ses élites
sa vocation actuelle semble essentiellement d'etre une zone de passage et donc d'echnages entre l'Europe et l''Asie
malgrè le désir " commerçant "
de ses élites politiques et économiques dirigeantes
en contradiction totale avec la tradition orientale de la majorité de ce pays
IL semble donc qu'il pourrait faire d'abord l'objet d'un statut special correspondant à son statut de " Marche " euro - asiatique , sorte de " Deuxième Cercle "
sauf à revenir aux origines et donc directement au berceau commun et primitif africain "
car on ne voit actuellement guère de justification à une communaute euro-siatique
pas plus qu'à une communauté Americano -asiatique
même si on voit bien que l' Occidentalité desormais diverge :
et que les USA en particulier se tournent de plus en plus vers le Pacifique et la Chine , au delà du Japon , destinéee séculaire
les Interets économiques ne fondent pas seuls une Identité
Sauf bien sûr à méler Croisés et Saladin , Atttila et Rome , Fondamentalistes chretiens , Marchands Puritains et Jonques ultra marines etc
dans une Entité commune .
Car l' Union Européenne, Entité Économique certaine et puissante mais Entité politique encore Naine
, comme toute entité legale doit d'aborsd définir ses contours , son contenant
puis se doter d'une Constitution adaptée ,adoptée ,respectée par 'ensemble de l' Union
un Traité instituant cette Constitution etait pourtant intitulé -en Français -
" les valeurs de l'Union " et qui dans cette formulation ne posait guère contestation :
" l'Union se fonde sur les valeurs de respect de la dignité humaine , de liberté , de démocratie , de l' Etat de droit et de respect des droits de l' Homme , valeurs qui sont communes aux Etats membres . Elle vise a etre une societe paisible pratiquant la tolerance , la justice et la solidarité "
( texte complet : à http // european-convention .eu .int )
Rien à dire à cette narration d'un long fleuve si peu tranquille , si ce n'est que les mots cachent une réalité -
anterieure bien sûr - fort differente , plutôt tumultueuse et torrentielle ...
Rien a dire sur le fait que si on observe les Etats Membres , on est assez loin de cette sage définition
Car qu'importe , c'est une définition pour un Monde Futur sinon Révé ....
Mais là où les choses se compliquent , c'est que les Hommmes ne peuvent vivre sans Mythe et que
le Mythe religieux
c'est pire qu'un retro-virus ,
on croit qu'il dort , on le trouve bien éveillé sous toutes les consciences quiescentes ...
même dans les intentions les plus pures....
et les democraties les plus diverses telle la Pologne , la Slovaquie , l' Italie, le Luxembourg se sont brusquement reveilléees - sous la férule du Vatican -pour faire introduire " le fait religieux " et
cette " invocatio Dei " dans la formulation définitive
" pourquoi ne pas faire référence à nos racines communes judéo chretiennes et nos traditions religieuses ? " disent certaéins Italiens
d'autres rajoutent : melangeons plutôt les principes découlant des traditions religieuses et de la culture laîque des peuples européens ( le deputé marco Follini )
pour quoi ne pas s'arreter en si bon chemin s'interroge la parlementaire italienne Cristiana Musacardini et ne pas inclure " la tradition greco-romaine , judeo chretienne , laîque et liberale " .?
elle oublie sans doute la longue tradition arabo - andalouse .....
Cette " offensive " n'est pas si anodine que cela
cette reference religieuse aura un impact juridique du fait de son introduction dans la
Constitution
" cela aura des consequences importantes sur l'interpretation de certains textes :
les pères de la Constitution americaine seraient sans doute surpris d'apprendre l'impact que la mention de Dieu , deux siècles plus tard a sur le problème par exemple , de la reconnaissance du droit à l'avortement ....
explique jonathan Faull , porte parole de la commission
et ne parlons pas du rôle messianique que s'attribuent les USA, nation religieuse , sur la definition -biblique - du Bien et du Mal ...
Alors les defenseurs dela laîcite montent au creneau :
Il ya parmi nous des monarchies catholiques , des Republiques , des etats unitaires et des etats federaux . certains etats sont laïcs , d'autres se reférent à un fondement relgieux , precise le députe français Lamassoure
VGE estime qu'il est difficile de faire du fait religieux un sujet de contentieux juridique et politique de l' Union "
et pour ajouter à la confusion , le représentant turc - islamique modéré , oguz Demalp , qui ne tient certes pas à une reference judéo- chretienne exclusive, ,lance
" la laîcité est la force motrice des progrès depuis le siècle de Lumières "
dommage que la Turquie ne soit un etat déclaré laîque que de puis 1923.....
le diplomate belge louis Michel affirme " l' Europe n'est ni monoreligieuse , ni monoculturelle et son modèle est fondé sur l'etat impartial "
dominnique de Villepin rappelle avec raison les débats difficiles deja tranchés par la precedente convention sur la Charte des Droits Fondamentaux en 2000 :
Face à la mobilisaion religieuse , la France , droite et gauche unies , avait bataillé fort pour eviter toute reference à la religion
et finalment le préambule à la Charte se contente de fait
de rendre hommage " au patrimoine spirituel et moral " de l'Union ,
formule fort consensuelle
malheureusement la traduction allemande parle " d'un heritage spirtuel-religieux "
( geistig-religiös )
Autrefois il n'y avait qu'une seule langue diplomatique qui s'imposait....
Il faudra donc se mettre d'accord sur une traduction commune pour eviter ce genre de mésaventure
Et si les etats laîcs sont suffisamment nombreux pour faire echec à l'introduction du fait religieux dans la Charte la religion du compromis imposera certainement au minimum d'introduire le respect du statut des Eglises et de Communautés religieuses qu'à vrai dire persnne ne conteste mais qu'on s'etonne de voir réintroduire avec insistance dans un tel texte fondateur car il a deja fait l'objet d'une reconnaissance :
- declaration 11 du traité d'Amsterdam -
On ne peut comprendre cette insistance sans revenir sur les racines et les gènes religieux de l' Europe au moins de puis Charlemagne
ce qu'a rappelé à VGE le cardinal Glepm , primat polonais
: 90% des européens croient en Dieu "
certes....
mais si sociologiquement on se penche sur cette croyance ( ( danièle Hervieu - leger , directrice d'etude à
EHESS , ecole des hautes etudes des sciences sociales )
" les Europeens pratiquent peu , voire extrémement peu .Le nombre de gens qui declarent une foi sans faille à un Dieu personnel tend partout à s'eroder :
36% en Europe contre 60% aux USA où 93% des personnes interrogées declarent croire en Dieu contre 69 % en Europe "
les Eglises ne font actuellement plus recette sur le vieux continent et sans s'interroger sur les causes profondes de cette desaffectation , on peut cependant constater que le s Européens se rejoignent dans deux phénomènes bien apparents:
-"l'individualisation du croire " :
-"la presence invisible mais structurante des traditions religieuses "
Si hors rares occasions les grands messes de masse sont du passé ,
il reste un reflexe collectif identitaire
qui fait qu'en dépit des multiples profils religieux
on se reconnait comme juif ,chretien , musulam
car les grandes religions révélées tiennen t toujours le haut du pavé
à coté des pratiques de Sagesse orientales de plus en plus priséees ,
comme mode de vie, de méditation , mais non comme reflexe identitaire
Alors faut-il ignorer les autres Courants qui ont impregnés l' Europe ?
au profil seul d'un Religion qui s'est souvent dévoyée au cours des siècles ?
Certainement pas , pas plus que d'en privilegier une dans la Constitution Européenne
On peut cependant s'expliquer cet acharnement si au lieu des gens, on regarde les Etats :
, on s'aperçoit qu'à coté de la très laîque France , il ya la très catholique Irlande qui detient encore l'enseignement , la sante et les ¨services sociaux ,
En Allemagne il existe un impot religieux ;
l' Autriche , l' Espagne , l' Italie ont toujours un concordat avec le vatican
Reste le groupe des pays qui ont une relation privilégiée avec l' Eglise : la Grèce ( eglise orthiodoxe )
l' Angleterre aanglicane , des eglises lutheriennes du Danemark et de la Finlande
en Suède la religion lutherienne n'est plus religion d'etat de puis 2000 seulement
Sans oublier les pays " resistants ' de l' Est europeen qui tels la Pologne ont obtenus la restitution de leurs biens confisqués outre un statut special privilégié .
Alors si les gens pratiquent de moins en moins , ceci n'empeche pas les Eglises de faire un " enorme lobbying pour contrebalancer leur pertre d'influence sociale par une réaffirmation solennelle de leur influence Institutionelle "
Le Vatican est bien sûr actif pour que les " racines chretiennes " ne soient pas jetées aux orties
et tient à ce que Dieu entre dans la Constitution Europeenne
le Pape compte bien se rendre d'ailleurs au parlement Européeen et sà Strasbourg au début de l'été , redire son attachement à ce lien .
Chaque Episcopat est mobilisisé sur le thème papal " ajouter des racines chretiennes n'otera rien à la juste laÏcité des structures politiques . Au contraire , la reference à Dieu aidera à preserver l' Europe du double risque du laïcisme idéologique et de l'integrisme sectaire "
Que les Frères qui ne se sont pas reconnus lèvent le doigt .......
le modèle papal n'est certes pas celui de la France " fille aiinée de l'eglise" avec sa séparation de l'eglise et de l'etat ( loi de 1905 ) mais plutôt un modèle concordataire " permettant aux eglises de s'organiser comme elles le souhaitent "
On est loin certes du modèle dela cheretienté medievale ou des monarchies chretiennes du xviiième siècle qui imposaient des signes religieux à chaque action quotidienne mais le pape est pour une impregnation religieuse plus marquée dans les rouages de l' Etat ....
Le president des USA doit le combler avec sa lecture matinale de la Bible et ses nombreuses réunions qui débutent par une courte prière ou un court reccueillement ...
Ces racines religieuses pour maigrichonnes qu'elles soient actuellement n'en sont pas moins reelles:
dominique Wolton , directeur au CNRS bien connu pour ses travaux sur les medias et internet le rappelle :
au delà de la grande diversité europeenne linguistique , culturelle , politique , il ya des valeurs communes fortes : les droits de l'homme ,une certaine rationalité scientifique et technique , la democratie et aussi les trrois grandes religions monotheistes: christianisme , islamaisme , judaîsme
La religion ne peut etre occulté surtout maintenant où nous sortons d'un siècle de laïcisation - dont au delà des aspects positifs on voit les limites ; individualisme , egoïsme et deviances ( les sectes )
"on ne peut faire l'impasse sur les racines religieuses e et c'est en en reconnaissant leur existence dans la Charte qu'on evitera un effet boomerang , car croire la question religieuse définitivement reglée c'est s'exposer à un retour explosif "
Autant mettre tout de suite sur la table ce qui risque de facher plus tard en somme ...
Il vaut mieux inclure les grands monotheismes- voire les pratiques orientales -et une fois clairement inscrites ,les transcender dans le projet democratique et le principe laïque temoignant ainsi au niveau mondial qu'on ne peut se soustraire ni à l'importance des sources religeuses ni au Principe de Laïcité
on ne peut se soustraire à cette dualité "
Ce qu'on pourrait traduire nous avons été , nous sommes desormais. et qui d'ailleurs s'inscrit dans le droit fil théologique :
Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu "
car desormais au delà des religions d'Etat ( Angleterre ) au delà de la non separation entre l'Eglise et l'Etat ( Grèce ) ce qui est en discussion actuellement dans toute l'Europe aujourd'hui, c'est bien le le Principe de Laïcité
donc de la séparation entre le Temporel et le Spirituel
On voit donc que depuis 1789 - et avant les Lumières - bien du chemin a ete accompli
on est passé du Corset imposé de conscience , de pensée , à la Liberté de croire ou pas
une fois desserré le carcan temporo spirituel de l'eglise catholique.
On pourrait donc conclure qu'en ayant acquis ces libertes fondamentales , une grande part du chemin a ete faite vers une meilleure cohabitation , vers une meilleure connaissance et tolerance de la la religion de l' Autre , une meilleure démocratie ?
Car reconnaitre ses racines - diverses - est une chose ,
reintroduire Dieu dans la Constitution,une autre
au risque de la reappropriation et de l'intolerance au nom de ce même Dieu
Inutile de refaire " l'erreur " des pères de la Constitution Americaine
LE 01/03/03
source : Liberation
Alain Lemoyne de Vernon
Docteur en Medecine
06000 Nice