|
Guérison
C’est la disparition des signes et symptômes d’une maladie et le retour à la santé, définie par l’OMS (1946) comme un « état de complet bien-être physique, mental et social ». En principe définitive, la guérison se discute pour un cancer qui peut rechuter précocement ou plus rarement présenter une récurrence après plusieurs années de guérison apparente. Ces possibilités conduisent à être plus exigeant pour parler de la guérison d’une tumeur maligne, en l’envisageant sous un double aspect : collectif et individuel (Figure). Pour une population de malades, la guérison se traduit par une courbe de survie en rémission complète qui s’horizontalise après un délai au-delà duquel il n’y a plus de récurrence. Pour des cancers à évolution lente, des rechutes tardives ne sont pas rares, elles sont attendues chez les personnes traitées et justifient leur surveillance. Même si certaines sont définitivement guéries, on ne peut affirmer cette guérison individuellement. Elle est reconnue collectivement sur une courbe de survie non corrigée qui devient parallèle à celle d’une population témoin de même âge : cela signifie que la population de cancéreux ne présente plus de surmortalité liée au cancer, mais reste seulement exposée, comme le reste de la population, à d’autres maladies ou à des accidents mortels, la mortalité n’étant jamais nulle dans une population. Selon la formule consacrée, la vie est « une maladie sexuellement transmissible et constamment mortelle ». À titre individuel il est encore plus difficile de parler de guérison, car une récidive tardive peut venir témoigner qu’il restait en réalité des traces inapparentes, quelques cellules cancéreuses à l’origine de la rechute. Cette évolution particulière donne aux malades l’impression d’être en sursis et détermine le syndrome de Damoclès. Cependant pour des tumeurs à évolution rapide, le temps nécessaire pour qu’une récidive se produise est bref et les rechutes deviennent rares après un an, exceptionnelles après deux ou trois ans. Après ce laps de temps, les risques pour l’ancien malade de voir son cancer réapparaître sont infimes, guère plus élevés que ceux d’une autre maladie ou d’un accident de la vie courante. La guérison n’est pas seulement la disparition de toute manifestation de maladie, elle est aussi récupération de bonne santé. Cela passe par un minimum de séquelles physiques (cicatrice, handicap) et suppose que le malade reprend son statut et ses activités préexistant au cancer : il retrouve sa place et ses responsabilités au sein de sa famille, sa fonction conjugale (sexualité), ses possibilités de procréation (fertilité), ses aptitudes au travail ou au sport, son droit à être titularisé, à contracter une assurance. La réadaptation (ou prévention tertiaire) a pour objet de favoriser le rétablissement complet, sans prétendre totalement effacer le souvenir de la maladie. Le souvenir et les traces du cancer entraînent chez certaines personnes une révision des valeurs de l’existence et comme une « nouvelle naissance » après une épreuve pénible mais surmontée. Selon le philosophe-médecin Georges Canguilhem, « guérir, c’est se donner de nouvelles formes de vie, parfois supérieures aux anciennes. »
Bernard Hœrni., 16/5/2002 mise à jour le : 15/12/2005
|
 |
Liens connexes
Accident
ACE
Adaptation
Age
Ail
Aine
CA
Cancer
Cellule
Cicatrice
Dents
Famille
Fertilité
Guérison
Gui
If
Malade
Médecin
Mort
Mortalité
OMS
Os
Prévention
Rad
Rat
Réadaptation
Rechute
Récidive
Récurrence
Rémission
Responsabilité
Sexualité
Signe
Sport
Sursis
Surveillance
Survie
Symptôme
Syndrome
Travail
Tumeur
Visage
|